Vous construisez vos propres outils sans être développeur. Ça porte un nom.
Citizen developer, ou développeur citoyen : la personne qui, dans son métier, fabrique l'outil dont elle a besoin au lieu de l'attendre. Avec l'IA, presque tout le monde peut s'y mettre. C'est pour ces gens-là qu'AI First existe.
Un citizen developer, ou développeur citoyen, est une personne qui crée des applications pour elle-même ou pour d'autres alors que le développement n'est pas son métier. Elle travaille dans un service métier, pas à la DSI, avec des outils que l'informatique de son entreprise n'interdit pas.
D'après Gartner, qui a popularisé le terme en 2009. Le cabinet précise que c'est un profil et non un intitulé de poste, et qu'il n'y a pas de niveau de compétence minimum. Gartner parle de salariés ; on y range volontiers les indépendants et les fondateurs qui font la même chose pour leur propre activité.
À quoi on les reconnaît
Personne ne se présente comme citizen developer. On dit plutôt « je bricole » ou « je me suis fait un petit outil ». Quelques situations typiques :
- Le fichier Excel que toute l'équipe utilise, c'est vous qui l'avez monté.Avec ses macros et ses onglets cachés. Vous êtes la seule personne à savoir le réparer.
- Vous avez relié deux outils avec Zapier ou Make pour arrêter de copier-coller.Un formulaire qui remplit un tableau, un tableau qui envoie un mail.
- Vous avez demandé un script à ChatGPT, et il tourne encore.Vous ne sauriez pas l'écrire. Vous savez ce qu'il fait, et vous voyez quand il se trompe.
- Vous avez montré une maquette cliquable plutôt qu'un document de specs.Faite en une soirée sur Lovable, Bolt ou v0, pour que l'équipe technique voie de quoi vous parlez.
- Vous avez monté un GPT personnalisé ou un petit agent pour votre équipe.Il répond aux questions qui revenaient chaque semaine dans votre boîte mail.
- Le soir, vous construisez une appli pour votre club, votre famille ou votre activité.Avec Cursor ou Claude Code, sans formation de développeur.
Du tableur aux agents
Des gens construisent leurs propres outils depuis les premiers tableurs. Les outils ont changé, la pratique est restée.
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Années 1990
Le tableur
Des macros Excel, des bases Access. Gartner les cite comme les premiers outils du développement par les utilisateurs. Ça reste à l'échelle d'une équipe.
Excel, VBA, Access -
2009
Le mot apparaît
Gartner parle de citizen developers et prévoit qu'ils construiront un quart des nouvelles applications métier en 2014.
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Années 2010
Le no-code
On assemble des blocs au lieu d'écrire du code. Les entreprises équipent leurs métiers, souvent avec un outil choisi par la DSI. Le Covid accélère le mouvement.
Power Apps, Airtable, Bubble, Zapier -
2025
Le vibe coding
Andrej Karpathy donne un nom à une nouvelle façon de faire : décrire ce qu'on veut à une IA et la laisser écrire le code.
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Aujourd'hui
Les agents
L'IA écrit le code, le lance et le teste. On obtient du vrai code, plus seulement une plateforme fermée. La limite devient la clarté de la demande.
Lovable, Bolt, v0, Cursor, Claude Code
L'IA générative a abaissé la barrière à l'entrée. La question n'est plus « savez-vous coder ? » mais « savez-vous raisonner sur un problème métier ? »
En chiffres
Les cabinets d'analyse suivent le sujet depuis 2009.
- 41 %des salariés créent déjà des outils technologiques ou d'analyse hors de la DSI.Gartner, octobre 2021
- 80 %des utilisateurs d'outils low-code seront hors de l'informatique en 2026, contre 60 % en 2021.Gartner, décembre 2022
- 75 %des salariés créeront ou modifieront des outils hors de la vue de la DSI d'ici 2027, contre 41 % en 2022.Gartner, mars 2023
- 78 %des gens qui utilisent l'IA au travail y apportent leurs propres outils.Microsoft et LinkedIn, Work Trend Index 2024
Les compétences
Savoir coder n'est pas le sujet. Il faut savoir décrire ce qu'on veut, puis vérifier qu'on l'a obtenu. Une soirée AI First fait travailler les cinq.
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Décrire le besoin avant d'ouvrir l'outil
Qui s'en sert, pour faire quoi, ce qui doit se passer quand ça se passe mal. L'équipe juridique d'Anthropic travaille comme ça : une spec d'abord, l'implémentation ensuite.
À AI FirstLe brief décrit ce qui est attendu, jamais comment le faire. Votre premier travail est de le traduire pour l'IA. La méthode -
Découper
Une petite version qui tourne, puis la suivante. Demander tout d'un coup, c'est obtenir un résultat qu'on ne sait pas corriger.
À AI FirstChaque brief a des paliers : Socle, Avancé, Poussé. On passe au suivant quand le premier fonctionne. -
Trancher
L'IA propose des choix. Elle ne sait pas ce dont votre utilisateur a besoin. Les décisions produit restent les vôtres.
À AI FirstChaque brief laisse une décision ouverte. Pour le carnet alimentaire : une assiette avec viande, féculent et légume, c'est une ligne ou trois ? -
Vérifier
Essayer avec de vrais cas. Ne pas croire l'IA quand elle annonce que c'est terminé.
À AI FirstLes cas limites sont écrits dans le brief. À l'édition 08, le modèle reconnaissait un cassoulet comme des « haricots blancs » : on ne le voit qu'en testant de vrais plats. -
Montrer
Une appli qui tourne se discute plus vite qu'un document. C'est souvent elle qui débloque une décision dans l'équipe.
À AI FirstEn fin de soirée, chacun présente à la salle ce qui tourne.
S'entraîner à AI First
pour passer d'un brief à une appli qui tourne. Deux lundis par mois.
Un meetup pour les citizen developers
Le brief est écrit comme un vrai besoin : une personne, un problème, des règles. Vous le construisez avec les outils de votre choix, et vous repartez avec quelque chose qui fonctionne.
- Aucun prérequis, une table pour les grands débutants
- Lovable, Cursor, Claude Code ou autre : aucune stack imposée
- Le brief et le compte rendu restent en ligne, pour refaire chez soi
Les guides
Des guides tirés de ce qu'on voit pendant les soirées, et tous les briefs pour s'entraîner chez soi.
Comprendre
Les mots, d'où ils viennent, ce qui les distingue.
Pratiquer
La méthode qu'on applique pendant les soirées.
Outils
Lequel prendre, selon ce qu'on veut faire.
Ressources
Les chiffres et les définitions, sourcés.
Les limites
Construire vite a un prix quand l'outil sort du prototype. Quatre réflexes à avoir avant de le partager.
Les données
Pas de données clients ni de mots de passe dans un prototype. En 2025, un audit de 1 645 applications générées avec Lovable en a trouvé 170 qui exposaient des données personnelles.
La DSI
Construire sans prévenir, c'est du shadow IT. Prévenir tôt, c'est obtenir un cadre : les outils autorisés, les règles sur les données, quelqu'un à qui passer la main.
Les tests
Karpathy a inventé le vibe coding pour des projets jetables du week-end. Pour un outil dont d'autres dépendent, il faut l'essayer sur de vrais cas avant de le partager.
La suite
Un outil qui ne dépend que de vous s'arrête quand vous changez de poste. Quelques lignes sur ce qu'il fait et comment le relancer suffisent souvent.
Les termes voisins
Le citizen developer est une personne. La plupart des autres termes désignent un outil ou une façon de faire.
- No-code, low-code
- Des outils visuels où l'on assemble des blocs, avec plus ou moins de code. Un développeur professionnel peut en faire aussi.
- Vibe coding
- Mot d'Andrej Karpathy, février 2025 : décrire ce qu'on veut à une IA, accepter ce qui sort, oublier que le code existe. Le mot décrit une manière de travailler. Le guide du vibe coding
- Business technologist
- Le terme large de Gartner : tout salarié hors DSI qui crée de la technologie ou de l'analyse. Tous les citizen developers en sont, l'inverse n'est pas vrai.
- Shadow IT
- Les outils créés ou utilisés sans l'aval de l'informatique. Le citizen development en est la version encadrée. On parle maintenant aussi de shadow AI.
- Maker
- Le mot de Microsoft dans Power Platform pour désigner le citizen developer.
- Builder
- Celui qui construit, développeur ou pas. Le mot qu'on emploie à AI First.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un citizen developer ?
Un citizen developer, ou développeur citoyen, est une personne qui crée des applications pour elle-même ou pour d'autres alors que le développement n'est pas son métier. Elle travaille dans un service métier, pas à la DSI, avec des outils que l'informatique de son entreprise n'interdit pas. Le terme a été popularisé par Gartner en 2009.
Comment dit-on citizen developer en français ?
Développeur citoyen. On croise aussi « développement citoyen » pour la pratique. Dans la presse informatique française, le terme anglais reste le plus employé.
Faut-il savoir coder pour devenir citizen developer ?
Non. Gartner ne fixe aucun niveau de compétence. Ce qui compte, c'est de savoir décrire un besoin, le découper en étapes, et vérifier que ce qui a été construit fait bien ce qui était demandé.
Quelle différence entre citizen developer, no-code et vibe coding ?
Le no-code est un type d'outil. Le vibe coding est une façon de travailler avec l'IA, nommée par Andrej Karpathy en février 2025 : on décrit, on accepte ce qui sort, on ne lit pas le code. Le citizen developer est une personne. Il peut utiliser du no-code, faire du vibe coding, ou travailler de façon beaucoup plus cadrée.
Quels outils utilise un citizen developer en 2026 ?
Les outils de la génération no-code restent là : Power Apps, Airtable, Bubble, Zapier, Make. S'y ajoutent ceux qui écrivent le code à partir d'une description en français : Lovable, Bolt, v0, Replit, Cursor, Claude Code.
Le citizen development, est-ce du shadow IT ?
Ça le devient quand la DSI n'est pas au courant. Le shadow IT, ce sont des outils créés ou utilisés sans l'aval de l'informatique. Le citizen development, c'est la même autonomie avec un cadre : des outils autorisés, des règles sur les données, et quelqu'un à qui passer la main quand l'outil devient important.
Quels métiers deviennent citizen developers ?
Tous ceux qui ont un problème récurrent et l'envie de le régler eux-mêmes. Gartner cite des responsables pricing, des conseillers clients, des médecins. Anthropic décrit des juristes et des équipes marketing. À AI First, on croise des product managers, des consultants, des ops, des entrepreneurs et des débutants complets.
Comment devenir citizen developer ?
En construisant. Partir d'un problème réel et petit, écrire ce que l'outil doit faire avant de l'ouvrir, livrer une première version qui tourne, puis l'améliorer. AI First propose de s'y entraîner deux lundis par mois à Paris, gratuitement, sur un brief différent à chaque fois.
Sources
- Gartner, glossaire : Citizen Developer
- Gartner, glossaire : Business Technologist
- ITPro, octobre 2009 : la prédiction Gartner d'origine
- Gartner, 18 octobre 2021 : 41 % de business technologists
- Gartner, 13 décembre 2022 : marché du low-code
- Gartner, 28 mars 2023 : prédictions cybersécurité
- Microsoft et LinkedIn, Work Trend Index 2024
- LeMagIT, avril 2026 : IA agentique et citizen developers
- Anthropic, juillet 2025 : How Anthropic teams use Claude Code
- Andrej Karpathy, 2 février 2025 : le message sur le vibe coding
- Wikipedia : Vibe coding (audit Lovable de 2025)
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