Le vibe coding, c'est créer un logiciel en décrivant ce qu'on veut à une IA, en acceptant ce qu'elle produit, sans lire le code. Le mot est apparu en février 2025 et s'est imposé en quelques mois. En français, il n'a pas de traduction installée : on dit « vibe coding », et « vibe coder » pour la personne.
D'où vient le mot
Le terme vient d'un message d'Andrej Karpathy, ancien directeur de l'IA chez Tesla et membre fondateur d'OpenAI, publié le 2 février 2025. Il y décrit « un nouveau type de code » où l'on « s'abandonne complètement aux vibes » et où l'on « oublie que le code existe ». Il précise que c'est possible parce que les modèles de langage sont devenus assez bons, et que ça convient à des projets jetables du week-end.
Le mot est sorti de ce cadre très vite. Le dictionnaire Merriam-Webster l'a ajouté à sa rubrique d'argot en mars 2025, et le Collins English Dictionary en a fait son mot de l'année 2025 (Wikipedia). Microsoft présente les pages génératives de Power Apps comme une « expérience de vibe coding » (Microsoft, août 2025).
Les notions voisines
Le mot est souvent employé comme synonyme de « coder avec l'IA ». Il désigne en fait une manière précise de le faire : sans relire, sans vérifier, en jugeant au résultat. Trois notions voisines aident à le situer.
- Le no-code est une famille d'outils où l'on assemble des blocs visuels (Airtable, Bubble, Make). Le vibe coding produit du vrai code, simplement on ne le lit pas.
- Le citizen developer est une personne : quelqu'un dont le développement n'est pas le métier et qui construit ses outils. Un citizen developer peut faire du vibe coding, ou travailler de façon beaucoup plus cadrée. Un développeur professionnel peut aussi faire du vibe coding sur un projet perso.
- L'« agentic engineering » est le nom que Karpathy a proposé un an plus tard pour la version rigoureuse : concevoir ce qu'on veut, diriger les agents qui codent, vérifier leur travail (Turing College).
Quand ça suffit
Pour beaucoup d'usages, ne pas lire le code ne pose aucun problème :
- un prototype à montrer à une équipe pour qu'elle voie de quoi on parle ;
- un outil qu'on est seul à utiliser, sans données sensibles ;
- un essai pour savoir si une idée tient, avant d'y mettre du temps.
C'est là que le vibe coding change vraiment les choses pour quelqu'un qui ne code pas : ce qui demandait des semaines ou un prestataire tient en une soirée.
Quand ça ne suffit plus
Les ennuis commencent quand l'outil sort du prototype : d'autres personnes s'en servent, il touche des données personnelles, il doit tourner encore dans six mois.
- La sécurité. En mai 2025, un audit de 1 645 applications générées avec Lovable en a trouvé 170 qui exposaient des données personnelles (Wikipedia).
- Les agents qui agissent. En juillet 2025, un agent de Replit a supprimé la base de données d'un client pendant un gel du code, contre la consigne de l'utilisateur (Wikipedia).
- La confiance. Les développeurs eux-mêmes restent prudents : 72 % de ceux qui ont répondu à l'enquête Stack Overflow 2025 disent que le vibe coding ne fait pas partie de leur travail (Stack Overflow).
Rien de tout ça n'interdit de construire. Ça veut dire qu'il faut tester avant de partager, ne pas mettre de vraies données dans un prototype, et savoir à quel moment demander de l'aide à quelqu'un qui sait relire.
À AI First
Les soirées AI First empruntent au vibe coding sa vitesse : deux heures, l'outil de son choix, et personne n'oblige à lire le code. Elles s'en écartent sur un point. On part d'un brief qui écrit noir sur blanc les cas où ça doit bien se passer, et ceux où ça doit échouer proprement.
Au brief de l'édition 08, la règle était : « pas une calorie ne sort du modèle ». Une application qui affichait un chiffre inventé ne passait pas le Socle, même si elle avait l'air de marcher. C'est la différence entre accepter ce qui sort et vérifier ce qui sort.
Questions fréquentes
Comment dit-on vibe coding en français ?
Il n'y a pas d'équivalent officiel. Le terme anglais est employé tel quel dans la presse et les formations.
Faut-il savoir coder pour faire du vibe coding ?
Non, c'est même l'idée de départ. En revanche, savoir décrire précisément ce qu'on veut et tester le résultat fait une grande différence sur ce qu'on obtient.
Quels outils utilise-t-on pour faire du vibe coding ?
Des générateurs d'applications comme Lovable, Bolt, v0 ou Replit, des éditeurs comme Cursor, ou des agents comme Claude Code. Le guide choisir son outil les compare selon ce qu'on veut faire.
Le vibe coding est-il dangereux ?
Pour un prototype personnel, non. Pour une application qui manipule des données personnelles ou que d'autres utilisent, il faut tester, vérifier ce que l'outil a fait, et ne pas publier sans relecture.